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Thomas Pelissier part sur les routes du Lot, pour filmer les initiatives « positives »

Thomas Pelissier filme les choses positives que les gens réalisent ici ou là pour se rapprocher d'un mode de vie plus naturel en symbiose avec la nature.

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Thomas Pélissier lâche une situation plutôt confortable pour s’en aller sur les routes du Lot et au-delà, filmer des gens qui réalisent de belles choses pour se rapprocher d’un mode de vie plus naturel en symbiose avec la nature.

Thomas Pelissier habite Saint-Céré où il a créé l’association We Lot, pour sensibiliser la population à la protection de l’environnement en organisant notamment des collectes de déchets . Mais ce trentenaire ne compte pas en rester là. Dans quelques jours, il va prendre la route, accompagné de sa fidèle caméra, à la rencontre de ceux et celles qui ne protestent pas mais agissent pour le changement, en ayant fait le choix d’un mode de vie plus proche de nos origines. Itinéraire d’un homme en quête de sens..

 

La Vie Quercynoise : Qu’est-ce qui vous a incité à créer cette association ?


Thomas Pélissier : Je suis parti du constat : Il y a beaucoup de déchets qui traînent un peu partout. Il y a des gens qui jettent toutes sortes d’objets en pleine nature et il y a longtemps que j’avais l’envie de rassembler un groupe de potes pour aller ramasser. J’ai publié une vidéo sur Facebook expliquant mon intention et elle a fait 4000 vues en 1 semaine, cela m’a poussé à actionner le levier. La mairie de Saint-Céré m’a conseillé de créer une association, afin de pouvoir « cadrer » des actions auprès de la population. C’est dans ce contexte que j’ai créé l’association We Lot.


Il s’agissait donc de réparer des incivilités ?


Ramasser les déchets ne suffit pas à mes yeux. Il s’agit d’amener les gens à se responsabiliser au quotidien et dans leur manière de consommer. Parce que cela passe par là ! S’il y a autant de déchets dans la nature, c’est parce que notre mode de consommation n’est pas adapté à notre environnement. Mon intention c’est de donner une impulsion en matière de bien-être humain et environnemental. Ici à Saint-Céré, j’ai abordé le sujet au niveau des déchets, parce que cela sautait aux yeux, mais cela peut passer par bien d’autres domaines.


 Quels sont les autres domaines d’intervention que vous avez abordé ?


Dans le cadre de la Gratiferia, un marché gratuit organisé par la MJC, ma très talentueuse amie Pauline, vice présidente de l’asso, a tenu notre premier atelier au sein duquel elle a fabriqué de nouveaux objets à partir de matériaux de récupération, notamment des cendriers de poche à partir de briques de lait usagées, de manière à inciter les gens à ne pas jeter leurs mégots dans la nature. Avec du tissu récupéré elle a confectionné des éponges, etc…


 Quel message souhaitez-vous faire passer derrière cette démarche ?


Ce qui me tient à cœur en fait, c’est de faire connaître toutes les choses positives que les gens réalisent ici ou là pour se rapprocher d’un mode de vie plus naturel en symbiose avec leur environnement. À la base je suis vidéaste et ma passion c’est de mettre en scène, réaliser des vidéos sur les messages que je souhaite faire passer.


Au niveau de l’environnement, comment comptez-vous intervenir précisément ?


Mon projet c’est de partir sur les routes, à la rencontre de tous ces gens qui font de belles choses, mais qui à mon sens, ne sont pas assez mis en valeur. Grâce à ces belles vidéos, je souhaite que toutes ces belles actions soient portées à la connaissance de tous. Il s’agit d’une démarche de sensibilisation dont l’aspiration est d’inciter la population à retourner à un mode de vie plus proche de nos origines, mais aussi d’une quête de sens très personnelle.

« Cette démarche qui m’anime, c’est comme un appel, une quête de sens… »

Que souhaitez-vous mettre en valeur concrètement ?


Ce peut être des professions, des modes de vie alternatifs, des fermes d’agriculture biologique, des médecines alternatives… toute forme d’activité intervenant avec des moyens non conventionnels proches de la nature et de l’humain. Pour résumer je dirai : mettre en valeur des modes de vie différents et raconter des histoires qui font du bien.


Qu’est-ce qui explique cette orientation ?


C’est un voyage qui m’a marqué. Alors que j’habitais Paris, fin 2014, je suis parti voyager autour du monde. J’ai vécu un an en Nouvelle – Zélande et là-bas j’ai fait des rencontres et vécu des expériences qui ont changé ma vie. Lorsque je suis revenu en France, je me suis rendu compte qu’une graine avait été posée en moi, qui ne demandait qu’à s’épanouir. Les choses se sont faites petit à petit, car je n’ai créé l’association We Lot, qu’en 2018.


 Qu’est-ce qui vous pousse à la radicalité d’un tel engagement : tout quitter en somme, pour partir sur les routes, au nom de l’écologie ?


C’est comme un appel, une quête de sens ; je n’arrive plus à me sentir concerné par le train-train de la vie; son petit travail, son petit salaire, consommer des vacances 5 semaines durant l’année… Tout cela ne résonne pas en moi. Au final, j’agis dans cet état d’esprit pour me retrouver moi-même. Parce que je sais qu’il y a quelque chose à faire avec tout cela. Et j’ajouterai, parce que cela me met en joie, que ce soit lorsque je réalise des vidéos ou bien lorsque je partage ce type de préoccupations avec les personnes que je rencontre. Je ne sais pas où tout cela peut me conduire, mais je dirai peu importe; j’ai envie de me lancer à fond là-dedans, quels qu’en soient les risques !


Lâcher une profession dans les banques ou les assurances, somme toute plutôt confortable pour un choix de vie plutôt aléatoire, est-ce si facile à assumer ?


Je ne cacherai pas qu’il y a une certaine appréhension. Mais au final, je me rends compte que ce qui m’angoisserait le plus, ce serait de ne pas franchir le pas. Certes, il est vrai que j’avais des perspectives de carrière intéressantes, sauf que dans ce travail, je ne suis pas heureux ! Je ne me vois pas passer plusieurs décennies dans une situation confortable qui ne me plaît pas, mais plutôt que de me mettre dans une situation d’inconfort qui me plaît. J’ai la conviction qu’il y a mieux à faire que de passer notre vie à faire 9 h – 18 h derrière un bureau. J’ai cette impression de mission à remplir, qui me pousse à aller au-devant des gens pour partager avec eux, en recréant des espaces autour de la solidarité, de l’échange, de la bienveillance et de l’entraide ; autant de valeurs qui me tiennent à cœur et que j’ai envie de transmettre via mes actions.


Vous inspirez-vous d’un philosophe, d’un penseur, d’une religion ?


Je m’intéresse à la spiritualité d’une manière globale et je dois dire qu’un livre a particulièrement changé ma vision du monde : « Les quatre accords toltèques » de Miguel Ruiz. Cet ouvrage m’a fait prendre conscience à quel point notre vie est conditionnée, nous imposant de vivre comme des robots. En fait, je prends les messages qui me parlent, j’essaie de me mettre en harmonie avec des principes de vie et de les vivre au quotidien.


 Pensez-vous que la population soit prête à soutenir votre démarche ?


D’emblée on se rend compte, que les plus jeunes sont en règle générale d’avantage sensibilisés à l’écologie que les plus de cinquante ans. Tout de même, on peut relever une élévation des consciences à ce niveau-là. De plus en plus de personnes réalisent l’urgence qu’il y a à intervenir, cependant, ils ne savent pas trop comment s’y prendre, car il est vrai, l’enjeu est tellement énorme, qu’on peut très vite se sentir dépassé. Je constate que les gens sont contents de voir quelqu’un prendre l’initiative d’agir. Lors des deux collectes d’ordures menées sur Saint-Céré et Bétaille, les gens étaient ravis d’avoir participé et se sont sentis utiles. D’autre part, un certain engouement se fait ressentir via les réseaux.


Financièrement parlant, comment pensez-vous assurer votre existence ?


Ces dernières années j’ai mis un peu d’argent de côté, je suis en train de tout vendre mais aussi donner tous les biens de mon appartement et j’ai la volonté de me rapprocher d’un style de vie minimaliste, le matérialisme est un fardeau dans notre société j’en fus moi-même une grande victime et n’en suis pas encore libéré.


Vous êtes sur le départ ; quelle va être votre démarche de manière pratique ?


L’idée c’est d’aller à la rencontre des gens dans un principe d’échanges. Pour ma part, j’offre une compétence qui consiste en la mise en valeur du travail de ces personnes, de leurs propres compétences, de leurs projets, en réalisant des vidéos destinées à être relayées sur internet. En échange, je souhaiterais pouvoir bénéficier du gîte et du couvert. J’ai moi-même la volonté d’apprendre des personnes rencontrées et d’enrichir ma personnalité de leurs savoir-faire et de leur savoir-être afin de me rapprocher du style de vie que je recherche.


Entretien réalisé par JEAN-CLAUDE BONNEMÈRE

NB : Vous pourrez retrouver régulièrement Thomas Pelissié sur le site Actu Lot et dans les colonnes de La Vie Quercynoise.


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